Le blended learning

Avant de concevoir une FMD et accompagner les organismes de formation à cette démarche, il est important d’être au clair sur le sens et les principes clés des dispositifs hybrides.

A cette fin, nous vous proposons un podcast « le blended learning s’adapte-t-il à toutes les situations ? » Un bon moyen pour lancer le débat et se positionner sur la question. Cette ressource vous permettra d’alimenter vos réflexions lors du live challenge du 28 mars !

Pour écouter ce podcast, nous vous suggérons de vous organiser 15 minutes de calme et de tranquillité !

Note : nous utilisons de manière indifférenciée les termes « FMD » et « Blended learning »

Ni pour ? Ni contre ? Bien au contraire ?

Êtes-vous plutôt d’accord avec Mathieu ? Avec Luca ? Un peu des 2 ? Ni l’un ni l’autre ? Comment vous positionnez-vous face à cette question ?

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je comprends les deux points de vue mais suis plutôt d’accord avec Luca. Pour moi, se positionner du point de vue de l’apprenant est essentiel pour concevoir une action de formation. Ne sous-estimons pas la valeur ajoutée des temps présentiels et la difficulté pour certains publics, dont celui avec lequel nous travaillons, d’oser contribuer à distance par exemple. La plus-value de gain de temps des temps à distance n’est pas toujours supérieure à la plus-value de l’échange de visu entre pairs, d’autant que des idées peuvent naître plus facilement en face à face qu’à distance, et les temps de mises en situations par confrontation sont souvent très riches

4+

Je suis plutôt d’accord avec Luca. La situation de l’apprenant me parait un élément essentiel à prendre en compte : accès aux équipements, son expérience de l’usage des outils numériques et sa façon d’échanger. Dans quelques années, la question technique des équipements, connexions ne se posera probablement plus, celle de l’usage des outils du numériques non plus. Qui n’aura encore pas utilisé les réseaux sociaux et ne sera pas à l’aise avec cette techniques (comme c’est mon cas 😉 dans une dizaine d’année. Par contre, je me demande si pour certains et certaines l’engagement dans des phases à distance ne sera pas toujours problématique. Participer à une communauté nécessite d’écrire ou de s’enregistrer et d’accepter de laisser une trace durable de sa production. Pour moi, c’est plus facile de le faire en face à face. Ecrire me demande un effort plus important, se filmer ou s’enregistrer n’en parlons pas. Certaines personnes préféreront plutôt « la protection » de la distance. Bref, c’est bien une histoire d’apprenant à prendre en compte.
Le pod cast, intéressant. La consigne préalable « s’organiser 15′ de calme et de tranquillité » très importante. C’est tellement facile de se connecter n’importe où mais si l’attention n’est pas là, rien ne reste. Et comme écouter une émission à la radio en roulant sur l’autoroute, il faut qu’elle soit super captivante sinon je m’évade. A bientôt

3+

Ni pour ni contre … bien au contraire ; Un petit penchant pour l’avis de Luca néanmoins !
Je crois surtout que les modalités ne changent pas le fond de l’affaire ;
Le blended est à considérer comme un « plus » qui enjolive un dispositif construit ; les problèmes techniques ne doivent pas être éludés mais le primordial reste l’adéquation entre l’objectif et les moyens de l’atteindre pour un public ciblé mais qui reste composé de personnes avec une implication et un fonctionnement différents.
Le blended peut être annexé à tout type de projet mais ne doit pas être considéré comme une option au risque de revenir au schéma plus classique de l’élève qui ne peut pas suivre en classe car il n’a pas fait ses devoirs (oh ça c’est moche ^^).
Le présentiel me semble idéal pour créer du lien social ; une communauté peut se créer à distance mais l’envie de se rencontrer en découle souvent. C’est d’autant plus vrai pour notre public souvent isolé en situation de travail.
Le format du podcast est intéressant car il implique davantage de concentration. Habituée au format radio, j’apprécie de pouvoir revenir sur certains passages.

3+

Je suis a d’accord avec Luca sur la fracture numérique qu’il ne faut pas sous-estimer. De plus, je suis d’accord avec les réflexions de mes collègues sur la notion de lien social et d’enjeu humain que permet la dynamique de groupe ainsi que les échanges entre pairs lors du présentiel.
J’ai bien noté comme le dit Mathieu, que techniquement tout pourrait être conçu en blended, il existe des outils pour le faire de manière simple efficace et atteindre ses objectifs de formation.
Je pense qu’il ne faut pas chercher à uniformiser les dispositifs de formation en blended learning mais bien s’adapter aux publics visés, aux contraintes et freins identifiés avec comme objectif de permettre les meilleures conditions d’acquisition de compétences pour les apprenants.

5+

Quoi, j’étais déjà dans un dispositif blended quand je faisais mes premiers exposés sur les châteaux forts avec Tout l’univers ? Et je l’ignorais !
Je ne trouve pas autant d’écart que cela entre les propos, plutôt une complémentarité qui permet de faire (bien) le tour de la question. Une question qui peut se poser est celle de la différence de maturité (et bien sûr de possibilités techniques d’accès) de chacun au regard du distanciel dans le cadre de formations collectives comme celles que nous finançons. Comment gérer ce point qui peut entraîner des difficultés. On peut par exemple avoir des participants qui ont visionné depuis chez eux les vidéos, participé aux quizz, aux discussions sur le forum, et d’autres pas du tout, et tout ce monde se retrouve ensemble en présentiel (si présentiel il y a ). D’où des participants encore plus hétérogènes que si la formation était 100% en présentiel
Donc le blended réussi, c’est des capacités à le concevoir et le mettre en oeuvre, des demandeurs demandeurs -pléonasme – et équipés, et peut-être une attention supplémentaire portée aux écarts entre les participants, avec des moyens spécifique de gestion à mettre en oeuvre, non ?

3+

Concernant le podcast, ça ressemble quand même à écouter une émission à la radio, chose que je pratique encore, donc je ne me trouve pas trop dépaysé. L’avantage sur le direct, c’est qu’on peut revenir en arrière facilement

2+

Merci pour ce retour !

Sur l’hétérogénéité pouvant être induite par le blended / la pédagogie inversée (entre ceux qui ont bossé en amont et les autres) on va avoir l’occasion d’y revenir plus loin dans le parcours.

Pour faire court, le concepteur à intérêt à jouer le jeu de l’inversion à fond ! Si on revient sur les contenus mis à distance lors du présentiel, ceux qui auront travaillé auront perdu leur temps, et ceux qui n’ont pas travaillé auront eu raison !

… pas facile à assumer mais indispensable dans ce genre de dispositif !

1+

Tout à fait OK avec Luca, sur le frein des conditions matérielles;: j’ai passé une matinée à trouver la solution pour rétablir le son de la vidéo de mon Samsung défaillant, et je n’ai pas encore trouvé la solution pour télécharger mon selfie GRRR!!! je peux aussi témoigner pour mes partenaires de Guyane qui ont un cruel besoin de formation à distance, privés de formateurs locaux, mais qui se heurtent aux conditions de connexion quasi inexistantes. Enfin, après ce petit déballage qui fait du bien, je suis très partagée sur la question de l’ancrage : certains, mal à l’aise en public s’expriment beaucoup mieux à distance, car cela leur permet de mieux formuler leur pensée et pouvoir revenir sur les apports, avec divers outils choisis en fonction de son mode d’appropriation, mais là encore l’outil n’est pas toujours choisi mais imposé par le concepteur. Même si l’outil, on peut en faire ce que l’on veut finalement! Par exemple le podcast, moi à priori je suis contre, mais finalement, je constate qu’ il m’a reposée les yeux, comme Morgane et j’ai pris des notes en 2 colonnes, parfait pour l’appropriation, et là, pendant que j’écris, je reviens dessus, bref finalement, je suis libre, et j’en fait ce que je veux. Bref, j’ai fait du chemin.
En écoutant Luca, je me disais qu’il avait bien raison de dire que le blending ne peut pas s’adapter à toutes situations et j’ai tendance à penser qu’il faut parfaitement connaître les situations des apprenants pour adapter les outils, mais finalement je crois qu’il ne faut pas se poser trop de questions auxquelles on aura pas forcément de réponses et faire confiance aux capacités de l’apprenant qui saura s’adapter et accepter que s’il rate quelque chose, ce n’est pas très grave. L’essentiel n’est t’il pas de varier les moyens ?

3+

Belle conclusion Véronique 🙂
merci de ce témoignage concret !! : comment peut-on t aider pour le téléchargement du selfie ? les pistes données par Lola ne fonctionnent pas ?
Concernant ce jeune média qu’est le podcast, je trouve que c’est un outil de liberté qui permet de pouvoir être écouté sans resté passif et qui change de la vidéo. Pour ma part,
je l’ai adopté !!

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J’ai tout bien lu ! Évidemment, tous ceux qui sont d’accord avec Luca ont tort.

Et plus sérieusement, c’est vraiment bien d’avoir autant de retours, et de cette qualité. Pour nous, ce feedback est très précieux ! Merci !

1+

Je suis assez d’accord avec Luca sur la fracture numérique surtout dans nos zones rurales où se situent nos contributeurs. Une fois ce problème résolu je pense que de mixer du présentiel et à distance est tout à fait adapté dans presque toutes les situations.
Mais je reste convaincu que le fait que les stagiaires puissent se retrouver pour échanger et partager est indispensable. Maintenant je rejoins la remarque d’Adélaïde sur le profil des stagiaires, où nous avons des stagiaires motivés pour ce type de dispositif et d’autres plus réfractaires.

4+

Bonjour,
Pour l’heure j’ai accompagné peu d’OF sur les FMD et donc une expérience restreinte.
Mais pour avoir échangé lors de bilans de ces formations avec les participants, certains arguments de Luca sur les prédispositions ou les multiples niveaux « d’appétence » des personnes font écho à ce que j’ai pu entendre.
Je retiens sur le blended :
– techniquement, il existe de la méthode, des outils pour le faire de manière simple efficace et atteindre ses objectifs de formation; stricto sensu, tout pourrait être conçu en blended…
– les facteurs sociologiques sont à prendre en compte, bien connaître son public et ses prédispositions avant de se lancer dans la conception
– le distantiel exclusif répond à des critères de coûts, « on a pas le choix », des problèmes de distance
– la fracture numérique: c’est une affaire de moyens de communication et d’équipements (je touche du doigt ce pb au fin fond de ma provence verte et aussi en Corse) mais aussi une question de savoir faire et il est important de veiller à ne pas laisser des personnes au bord du chemin.
– Les bienfaits de la dynamique communautaire : Une anecdote recueillie lors d’un bilan : quelques personnes embarquées sur le même navire FMD d’une formation très technique sur le sol, voyant que certains ne s’en sortaient pas avec leurs connexions ou avec la plateforme à leur disposition, ont proposé de se retrouver une après-midi chez l’une pour travailler ensemble. Mais bien entendu aussi certains préfèrent faire seuls.
Bref Plutôt un peu des deux.

5+

Comme tous les choix de méthodes pédagogiques, certaines plaisent à un profil de stagiaires, mais pas aux autres. Quand les premiers veulent aller à l’essentiel, d’autres veulent prendre le temps par des méthodes créatives de prendre du recul. Il en est pour moi de même pour la FMD, en ajoutant les paramètres complémentaires de l’organisation pour se rendre disponible et de l’accès aux outils. Je rejoins donc pleinement le commentaire d’Adélaïde… Toute la subtilité est de trouver le juste milieu entre la contrainte et le cyber-enthousiasme (ou pas d’ailleurs)…

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Par expérience perso, je rejoins plutôt Mathieu. Mais aussi quand même un peu des deux !
Dans ma formation blended, on avait eu l’obligation de produire un mémoire à plusieurs. Nous avions la possibilité de le faire à distance, mais nous avons fait le choix de nous rencontrer (par curiosité !). Un peu compliqué pour moi en termes d’organisation logistique (se rencontrer un samedi matin, avec les enfants à faire garder…) mais au final, je n’ai vraiment pas regretté de m’être organisée pour vivre cet échange qui a mis de la proximité entre nous.
Toutefois, quand Mathieu dit que « les dispositifs à distance, c’est parce qu’on n’a pas le choix », moi je dirais plutôt « heureusement qu’il y a le distanciel, sinon je ne me formerais pas » ! (le verre à moitié plein ).
Après, bien sûr, reste le problème de l’équipement. J’ai la chance d’avoir une très bonne connexion à la maison.
Pour finir sur la citation, la passivité pour moi, c’est plutôt quand je suis à 100% en présentiel !

3+

Pas grand chose à rajouter à ce qui a été dit par mes collègues. L’analogie avec la voiture de luxe et les autres moyens de transport m’a beaucoup parlé et je rejoins plutôt les arguments de Luca.
Quant au podcast, j’aime bien écouter sans voir, c’est tout bête mais…ça me repose les yeux et quand on a un job devant l’écran, ce type de média a l’effet d’un vrai break oculaire (oui parce que ma vue s’est dégradée depuis ma prise de poste, et c’est aussi une des choses que je regrette dans le tout digital…bon c’est un autre débat…)

5+

Je suis viscéralement pour et contre et inversement.
Ok pour considérer que la technologie permet de répondre aux attendus des dispositifs d’apprentissage. A la vitesse à laquelle ces outils et les applications se développent et s’adaptent, leur pertinence sera grandissante. L’approche blended permet d’allier le meilleur de chacune des modalités.
La question de l’accès aux réseaux sera sans doute une préoccupation permanente tant que le développement de nouvelles technologies sera lié au déploiement d’infrastructures dans les territoires. C’est peut-être plus facile à dire qu’à faire mais les concepteurs doivent intégrer cette donnée dans leurs dispositifs et proposer des supports alternatifs.
Néanmoins, l’intégrisme ne me semble pas souhaitable. Ce n’est pas parce que c’est possible qu’il faut le faire. Ce qui vaut pour un usage raisonné du bouton nucléaire peut valoir pour le blended Learning. Si les apprenants optent pour une autre formule, si le concepteur imagine son dispositif autrement et si les moyens existent, pourquoi vouloir imposer un modèle unique ?
D’autant qu’il deviendrait plus compliqué de mettre en valeur les incommensurables atouts des dispositifs blended si les autres modalités venaient à disparaître.

Concernant le contenu de cette séquence, il me semble que la question relative à l’embarquement de l’ensemble des apprenants dans un dispositif blended est un peu resté en suspend ?
J’ai noté la notion de communauté d’apprentissage, d’interaction entre apprenants mais il me semble que ce n’est pas suffisant.

Mathieu a également indiqué qu’un dispositif blended = présence + distance + situation de travail : comment un tel dispositif peut-il mieux intégrer cette notion de de « situation de travail » qu’un autre ?

Sur l’utilisation du podcast je suis ni pour, ni contre, bien au contraire. C’est facile d’accès et le débit nécessaire n’était pas bloquant (j’ai pu l’écouter depuis mon smartphone sans problème au garage Citroën en attendant ma voiture). Par contre, l’absence de point d’ancrage visuel demande un effort de concentration important et/ou une écoute multiple.

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Un peu des 2 ?! Ou peut-être plutôt d’accord avec Luca !
L’ingénierie d’une formation doit permettre avant tout à l’apprenant d’atteindre l’objectif de la formation et doit être adaptée au public visé. Donc dans certains cas le Blended learning, c’est un peu comme vendre une voiture à quelqu’un qui n’a pas encore le permis…
Je trouve que le Blended learning permet de nouvelles modalités, de «relooker » certaines méthodes pédagogiques et d’apporter de la souplesse à un dispositif de formation. Mais attention comme tous outils, les outils digitaux doivent se renouveler : le visionnage à outrance de vidéos en séquence à distance ne risque-t-il pas d’avoir le même impact sur les apprenants que le formateur qui déroule son PowerPoint en présentiel ?

Pour ce qui est du podcast : au départ, j’ai été un peu déroutée de n’avoir que du son : cela doit être mon côté visuel 😉 et le fait de consulter de plus en plus de vidéos comme média d’information. Mais une fois que le débat était lancé, je n’y faisais plus attention. Je dirai même que c’est peut-être plus facile de se concentrer uniquement sur les voix. A retester !

6+

D’accord avec Mathieu…les modalités pédagogiques dépendent des formateurs eux-mêmes plus que des outils existants.
D’accord avec Luca…d’accord que certains publics (outre ceux qui n’accèdent pas aux outils) ont besoin de se centrer sur l’enjeu humain et la dynamique de groupe, les interactions avec leurs pairs, bien d’avantage que sur la dimension « technique ». D’accord qu’on a besoin de lien social. (cf. fragilisation des publics agricoles)
Globalement, il semble qu’on n’intègre pas assez les différents profils d’individus d’où une vision un peu systématique de FMD pour tous. J’aimerai en savoir plus sur le ciblage du public formé en FMD, en lien avec les études de VIVEA (Kaléïnove, ….)

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